righters.com/ Molotov Cocktail
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Darco est un "writer" parisien de la première heure. Il a peint sa première pièce en '84 après des débuts dans la danse en tant que b-boy. Son groupe est F.B.I. (Fabulous Bomb Inability) composé de membres internationaux tels que Loomit, Gawki, etc... Nous avons rÉalisÉ cette interview è la suite de ses nombreuses collaborations avec quelques uns des EuropÉens les plus connus (notamment Allemands), en fresques de trés grand format dans des lieux publics.

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Vers la fin des années 80, il y avait des articles sur toi dans la presse de "mass média" concernant ton arrestation pour graffiti.

Darco: on en a entendu parler partout. "Ils" ont voulu faire un exemple de mon cas. On m'a montré plein de photos de graff' et il m'ont accusés de les avoir faits. Il y avait 19 plaintes contre moi et ils recherchaient d'autres ?t;writers;quot; du groupe. C'est pour cela que Gawki est parti en Allemagne. Je n'avais pas le choix, donc je suis restÉ lè. On m'a d'abord condamnÉ è 750 000 FF et trois mois et demi de prison ferme. En appel la peine de prison a ÉtÉ transformÉe en travail d'intÉrêt gÉnÉral de 150 heures et environ 50000FF d'amende (frais de dossier inclus). Ma chance, c'est qu'au moment des faits j'Étais mineur, même si lors du jugement j'Étais majeur et jugÉ comme tel. En thÉorie il y lè un vice de forme important. J'en suis venu a m'intÉresser aux peines risquÉes par rapport aux dÉlits ou aux crimes commis. Si j'avais agressÉ physiquement quelqu'un dans la rue, je risquais beaucoup moins. J'ai fait du porte è porte, notamment è la direction de la S.N.C.F. en espÉrant avoir de la chance n'ayant plus rien a perdre. J'ai fait des heures de T.I.G. en nettoyant des trains è la Chapelle, et ensuite ils m'ont demandÉ de peindre (en graffiti) des gares (notamment les gares d'Aulnay et de Sevran sur le rer B). D'autres chefs de gare l'ont vu et ont contactÉ leurs supÉrieurs pour leur manifester leur satisfaction. Tout le personnel technique, ou administratif, a vraiment apprÉciÉ ce que j'avais fait, une fois qu'il m'avait rÉellement donnÉ l'occasion de m'exprimer. A la suite ils m'ont redonnÉ du travail, notamment en T.I.G., encore et d'autre part un arrangement è l'amiable o;ugrave; mon amande sautait contre l'exÉcution d'une fresque sur commande. J'ai pu ainsi faire plusieurs peintures lÉgales sur les voies S.N.C.F. et au final m'en sortir pas troport sap r

Quelle est l'origine de la fresque de Gare du Nord?

D: La S.N.C.F. avait en projet de rénover toute l'entrée de la Gare du Nord (Note: environ sur 1,5km de long, à deux pas de l'ancien terrain de Stalingrad, ce qui expliquait la quantité colossale de graff' qui y avait étÉ peint la nuit par quelques uns des meilleurs ;quot;bombers;quot; du monde). Le responsable du projet, avec qui on a Établies les esquisses sur papier, Étant peut-être moins bornÉ que les autres, a vendu la dÉcoration de cet endroit è la S.N.C.F. comme de la ;quot;peinture murale;quot;. Le projet en deux temps comportait d'un cotÉ un peintre amÉricain et un artiste fran;ccedil;ais fonctionnaire de la S.N.C.F. (note: la S.N.C.F. et les P.T.T. ont dans leurs rangs ÉnormÉment de ;quot;peintres du dimanche;quot;), et de l'autre nous. Une fois les deux projets approuvÉs et signÉs par la direction, il leur a dit qu'une des deux parties serait peinte è la bombe. Du coup, lors de la rÉalisation ils ont tout fait pour que le travail se dÉroule dans de mauvaises conditions. Tout cela è cause de l'image qui est donnÉe par notre art. Nous Étions la bande de sales taggeurs.

Et en plus on t'a reproché d'avoir repasser toutes les pièces qui étaient en dessous.

D: De toute façon elles allaient être repeintes, d'autres part la S.N.C.F. payent des artistes pour le faire, alors pourquoi pas par nous? Moi le premier j'étais "hard-core" pendant des années, pour moi on ne pouvait peindre que la nuit illÉgalement. Mais c'Était il y è dix ans.

Ces façades d'immeubles graffées, faisant rentrer le graff' dans l'architecture de façon active, peux- tu m'en parler?

D: C'est encore tout un combat pour y arriver. D'une part parce que les gens n'osent rien, d'autres part les idées reçues pèsent lourd. Le graffiti s'applique très bien à ce genre de peintures monumentales. Les lettres et le style subsistent, c'est toujours du graff'. C'est è nous d'obtenir ces projets, il ne viendront pas è nous tout seuls. Maintenant il y a des possibilitÉs avec des gens qui ont l'esprit ouvert. Même si ce genre de choses reste encore marginal. En Allemagne il y a d'avantage de projets aboutis de ce type. Les Allemands ont toujours eu les bombes de meilleure qualitÉ, de bons Hall of Fame lÉgaux (comme aux puces de Munich o;ugrave; il y a un mur de 8m sur 250m). Les gens sont depuis toujours confrontÉs aux tags et aux piéces en même temps, et comprennent la dÉmarche de faire les deux tout en se rÉservant le droit d'apprÉcier ou non. A Paris il y a eu des gÉnÉrations entiéres de purs ;quot;bombers;quot;, qui n'ont jamais fait que des tags et des throw ups. L'association d'idÉe banlieue -insÉcuritÉ -tags vient de la presse fran;ccedil;aise et empêche le graffiti de se dÉvelopper en-dehors de son ghetto. Je suis lè depuis le dÉbut, je ne viens pas d'un quartier en grande difficultÉ. Pour eux le graffiti vient des banlieues è problémes et doit y rester. On ne vient s;ucirc;rement pas tous des banlieues ;quot;chaudes;quot;, mais on se mÉlange quand même, et c'est ;ccedil;a qui géne.
En Allemagne ou en Belgique, lorsque tu as rendez-vous avec les architectes et autres responsables d'immeubles, tu peux parler même si c'est toujours difficile, alors qu'ici ils ne prendraient jamais rendez-vous avec "les cités". Mais ce genre de travail trés grand, n'est qu'une des facettes possibles du graffiti.

   

L'échelle de votre travaill est impressionnante, comment se passe la réalisation?

D: Bien sur, cela dépend des murs. On se connaît depuis longtemps alors c'est plus facile au niveau humain. En général c'est une personne qui amène un projet avec une idée directrice et ensuite le groupe se coordonne.

Que penses- tu de la scène à Paris?

D: Il y a un fossé entre le graff' à Paris et le rap, en plus des fractures entres différents niveaux de graff'. C'est typiquement parisien de "se tirer dans les pattes". J'ai vu plein de gens de passage revendiquer ceci ou cela haut et fort et dispara;icirc;tre un ou deux ans aprés. Le potentiel est Énorme, mais aboutit trop peu souvent.

Est- ce que vous regardez beaucoup le travail des F.X. ou des T.A.T. à New York, qui sont vos rares concurrents au niveau du format?

D: Oui et non. Plus tu vois de choses plus cela te motive, mais le graffiti c'est du tag, le style se trouve aussi dans des pièces plus petites. C'est un tout.

Dans quel contexte as- tu été en Afrique du Sud?

D: Il y à la bas (au Cap et à Johannesburg), une scène Hip Hop depuis aussi longtemps qu'ici. J'ai rencontré dans un Jam en Europe des Africains qui ensuite ont organisés un Jam en Afrique du Sud. J'en ai profité pour me faire une image de la scéne du Cap.

Comment le Hip Hop et surtout le Graffiti s'intègre- t- il dans la culture locale?

D: L'activité principale c'est le B-boying. Pour ce faire il suffit de rien. C'est une occupation très répandue chez les jeunes. Le graff' à côté n'est pas très répandu. Très peu de graffeurs y sont actifs. Il y en a quelques uns au Cap. Pour ce qu'il est des bombes, ils ont une palette de douze couleurs de base. En mÉlangeant les bombes entres elles, ils arrivent è une petite vingtaine de couleurs disponible. La qualitÉ de cette peinture est loin de ce que l'on trouve ici. Il y a trés peu de tags et de piéces dans la rue. Les armes è feu sont partout et les flics sont sans pitiÉ. On peut voir quelques graffs sur les axes ferroviaires. La plupart des gens impliquÉs dans le Hip Hop sont ;quot;des colorÉs;quot;. Ils ne sont ni blanc, ni issus (directement) d'une ethnie locale comme les Bushmen, Zoulous, etc. Au dÉpart le phÉnoméne n'Était pas mal re;ccedil;u par les autoritÉs et la police. Ils ont des problémes è rÉgler qui sont bien plus graves que les jeunes voulant peindre partout. Cela dit, devant la proportion croissante du probléme, ils adoptent une rÉpression sauvage. De toute fa;ccedil;on une vie lè-bas ne vaut rien et c'est un fait qui n'Étonne personne.
La scène musicale est surtout développée à Johannesburg avec des gens comme DJ Ready Dee qui mixe pour le groupe Prophet Of the City (P.O.C.), qui produit également les groupes B.V.K. et Black Noise. L'ambiance est assez ;quot;roots;quot;, du fait que tout le monde est assez polyvalent. Ce DJ est Également un danseur trés douÉ. Il est capable de laisser ses platines et de faire un bon dÉfi de break, ou même de se mettre è peindre. C'est trés proche de ce qui se passe en Australie.

Darco F.B.I.

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