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Que penses- tu du soulèvement au Chiapas que ce concert soutient?
D: On va assister à de plus en plus d'événements de ce genre à travers le monde, dans un futur proche. La Banque Mondiale et le F.M.I. étouffent des nations entières jusqu'à ce que mort s'en suive. Le Chiapas (au Mexique) a le droit de revendiquer sa propre identitÉ culturelle. Je vois les États Unis comme le prochain endroit pour un dÉveloppement Énorme de la misére sociale. Cela se manifeste par la crÉation de camps de travail et du retour è l'esclavage, pendant que la prÉoccupation officielle est la mort de la Princesse Diana et la bite du prÉsident. La construction de prisons est une industrie florissante. Les consommateurs de drogues finissent travailleurs en prison. L'information sur tes droits et les affaires en cours ne sont pas disponibles. Mes amis incarcÉrÉs me disent qu'ils n'ont aucun moyen de s'Éduquer. Mais on trouve toujours de la drogue en prison. J'entend parler que de sociétés qui vont construire plus de prisons dans le nord- ouest des états Unis. Les entreprises ont réalisé qu'elles pouvaient utiliser la main d'oeuvre carcérale. Les minimaux sociaux sont en phase de suppression, et on rase les citÉs pour construire des rÉsidences. On pousse les gens de plus en plus loin dans les banlieues. "South Central" è Los Angeles devient un secteur d'immobilier en plein expansion. Les budgets de l'enseignement public sont en phase de rÉduction alors que les prisons s'agrandissent. A quoi cela va- t- il nous mener? Une sociÉtÉ criminelle. La rÉvolution arrive, c'est juste que les gens retiennent leur souffle depuis longtemps.
Comment respires-tu ici en Europe?
D: Nulle part aux états Unis on ne peut trouver des squats occupés par des artistes. Les autorités ne le toléreraient jamais. Le N.E.A. (Le Budget National pour l'Art) est en train d'être coupé en deux. Il n'y a donc pas de possibilitÉs pour les gens qui veulent pratiquer l'art. L'art dans la sociÉtÉ amÉricaine est un....
Un privilège?
D: Oui. L'art que l'on voit est très bourgeois. C'est du clientèlisme. C'est du Caca Minimaliste par Dupont (rires). C'est de la merde Post-Moderniste. L'art conceptuel est une belle
connerie. Je ne dis pas que la société francaise est utopiste,
je dis seulement qu'ici je respire mieux. Aux États Unis on fait de moi un criminel. J'ai beaucoup è apprendre sur l'Europe car les choses ont changÉ depuis ma derniére visite il y è dix ans. A cette Époque il y avait beaucoup de B-boys en France, cela ne semble plus être le cas.
Tu as eu l'opportunité de voyager à travers le monde, quelles sont tes impressions sur l'état actuel du Hip Hop?
D: C'est très décevant. Encore une fois, le Hip Hop est underground. Le rap est devenu un simple produit de consommation et n'a plus aucun rapport avec le Hip Hop. Les jeunes me demandent:" Doze, Comment est le Hip Hop à New York?" et je rÉpond: "underground". Le vrai Hip Hop le sera toujours. La jeunesse du monde entier voit l'image du rappeur / truand avec une Rolex et des dents en or. Le Hip Hop n'a jamais ÉtÉ un dÉfilÉ de mode. Est-ce que le rap est une affaire de vêtements? Je sais qu'il va y avoir une sorte de révolte, où le Hip Hop va renaître. C'est pour cela que je développe ce concept de Fusionisme. Il s'agit de fusionner des choses qui existent déjà. Cela s'entend beaucoup dans la musique comme dans le travail de DJs de San Francisco (Invisible Scratch Pickels et d'autres). Je vois des gens en France mÉlanger le Hip Hop avec la culture Rai et je trouve ;ccedil;a mortel. Prends la culture Indienne ou Salsa et mÉlanges ;ccedil;a avec du Hip Hop et le rÉsultat est gÉant. Je reviens du BrÉsil o;ugrave; les jeunes mÉlangent la Capoe;iuml;ra (une dance acrobatique traditionnelle inventÉe par les esclaves originaires d'Afrique) avec le B-boying et c'est incroyable. C'est cela l'essence, mélanger des formes de créativités qui existent déjà.
A quoi ressemble la scène Hip Hop en Amérique Latine, et comment s'intègre -t- elle dans cet environnement différent?
D: Une minorité de gens seulement sont impliqués, mais l'audiance progresse. Au Brésil peu de jeunes savent plus sur le Hip Hop que ce qu'on voit dans les clips de rap américain. Très peu connaissent la pyramide des ?te;lÉments qui forment cette culture. L'environnement urbain sous- industrialisÉ est totalement diffÉrent des pays occidentaux. Ceux qui peignent font rentrer des structures en volumes qui sortent du mur et de la peinture. Ils peuvent venir peindre avec du ciment ou faire un trou dans le mur et utiliser des branches d'arbres pour faire des bras de personnages. Ils s'impliquent ÉnormÉment dans leurs peintures, ce qu'il faut respecter car si la police t'attrape lè- bas tu te prends une balle. Ils trompent la mort. C'est moins violent è Sao Paulo mais è Rio on tire ouvertement sur les jeunes è cause de leurs problémes avec le tag. Les jeunes grimpent le long des fa;ccedil;ades d'immeubles pour Écrire leurs noms. Sao Paulo est un peu plus dÉtendu car il y a plus de fresques et les gens peuvent les apprÉcier. J'y ai vu des piéces de Twist (originaire de San Francisco aux Etats-Unis). |